Me, myself and I dans Croire

C’était un bel entretien, le résultat est fidèle à ce que je suis et à ma cohérence dans la contradiction.
Pour redémarrer ce blog, c’est une bonne base 😉

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Le digital c’est un métier… Vraiment ? Oui vraiment !

Ne dites pas à ma mère que je suis un spécialiste du digital, elle croit que je suis informaticien 😉

Cela fait plus de 15 ans que je conseille des organisations publiques, privées et associatives dans le domaine élargi de leur présence sur Internet, et, souvent, je me retrouve dans une position un peu paradoxale. En effet, il n’est pas rare que je sois en difficulté, au moins éthique, face à deux messages forts que je tente de faire passer à mes clients et qui peuvent apparaître comme contradictoires.

D’un côté, je leur explique que le digital est une question de posture, d’esprit, que c’est une affaire d’autodidacte et que la meilleure manière de faire est d’abord de faire, par soi-même, et de s’appuyer sur les informations, communautés et moyens qui sont gratuitement et librement disponibles sur Internet, car Internet est né, s’est développé et se pérennise comme cela depuis son origine (pour faire simple).

Mais d’autre part, je défends, et ce n’est pas uniquement intéressé car sinon je n’aurais pas de souci, et donc je n’écrirais pas ce billet, ou je ne dirais pas ce que je dis en première intention (cf. le premier point ci-dessus), je soutiens qu’il faut se faire accompagner par des gens dont c’est la spécialité, le métier, et qu’il vaut mieux y mettre le prix car les conseils gratuits sont souvent peu… payants (lol) et qu’il y va pour le digital comme pour d’autres champs : ce n’est pas le dernier qui a parlé qui a raison, c’est un vrai travail de professionnels.

Contradiction donc à première vue, mais en creusant un peu non, du tout.
C’est l’objet de la « démonstration » qui va suivre…

D’abord ce qui est important, c’est que la disponibilité et la gratuité d’Internet et des informations qui permettent d’en maximiser l’usage pour défendre une cause, vendre des produits ou des services, changer le monde… cette possibilité là demande du temps et des compétences en terme de compréhension et d’intégration. Et oui. Ce n’est pas parce que la plupart des éléments permettant d’apprendre à coder, faire des sites Internet, déployer des campagnes ou créer des contenus sont accessibles gratuitement que c’est facile de devenir informaticien, créateur de site web, rédacteur ou vidéaste, journaliste ou entrepreneur numériques. Ce serait trop facile… Et donc les autodidactes, hackers, créateurs de sites, marketeurs, diffuseurs de contenus, s’ils sont à l’origine des « amateurs » dans tous les beaux sens que possède ce si joli mot, travaillent, se perfectionnent et au final devienne des professionnels, sinon ils restent au stade de l’expérimentation, et donc de l’échec lié au « one shot ».

Ensuite, ce qu’apprend la formidable possibilité offerte par Internet d’apprendre à apprendre, c’est l’humilité, la patience et la prudence. Connaître le digital, c’est savoir que tout y change en permanence, qu’on y est toujours dépassé par le mouvement, par quelqu’un d’autre, qu’il n’y a aucune recette magique ou absolue, que l’expertise ou les effets de mode sont battus en brèche de manière permanente, et donc que la modestie y est une valeur cardinale. D’où le malaise que j’ai souvent quand on me présente comme un « expert digital », ou un « spécialiste » car cela me renvoie à l’ensemble des champs que je ne connais pas, ou pas assez…

Donc, et c’est une conséquence des 2 premiers points, tous ceux qui colportent des certitudes faciles, qui exploitent la relative méconnaissance des autres, et donc qui les méprisent, pour vendre leur beurre ou s’arroger le titre d’expert auto-proclamé, alors même qu’il ne maîtrise qu’un (le code par exemple ou le marketing) ou au mieux quelques aspects du digital, ceux qui vendent de la magie digitale (buzz, Facebook…), tous ceux là violent une règle immuable et non écrite de l’Internet.

C’est vrai du cousin informaticien car il a monté un site, ou du collègue « qui s’y connait » car il a un blog, et qui font croire qu’ils savent (faire)…

C’est vrai du prestataire technique qui dépasse son champ de compétence métier, du consultant qui atteint dans certains domaines mal maîtrisé son seuil d’incompétence (principe de Peter)…

Du jeune community manager qui est incollable sur Facebook mais ne comprend rien à la communication ou au marketing et encore moins à l’éthique et à la vie privée…

Du Président ou du DG qui pèse de son poids hiérarchique pour empêcher des projets auquel il ne « croit » pas, ou qu’il ne comprend pas, ou dont il n’est pas à l’initiative…

Tout ceux là sont des criminels passible devant le tribunal de la bonne utilisation intelligente d’Internet 😉

Face à tous ces apprentis sorciers, Cassandre et gourous auto-proclamés, c’est donc un exercice périlleux en tant que conseil « expert » que de ne pas céder à toutes les sirènes et dérives tout en défendant malgré tout son expertise, d’être affirmatif et ferme dans ses recommandations sans perdre la plus élémentaire réserve et modestie.

Non pas que le #fail soit interdit, le mode « trial and error » est à la base de l’Internet, et faire son « best effort » est natif de ce réseau, mais l’échec doit être préférentiellement du à de bonnes raisons, à une volonté de tester pour optimiser, ne serait ce que pour éviter qu’il se reproduise : pas à des contre sens ou à des utilisations contre nature 😉

Mais en tous cas c’est passionnant…
Et sans fin !

Impressions africaines et humanitaires…

Pendant que je dé-rushe les images prises sur place, allez hop un petit billet d’humeur pour fixer mes impressions après le retour de 10 jours de mission humanitaire au fin fond de la brousse du Burkina Faso pour l’association La Calebasse de Ouahigouya.

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Comme l’année passée, j’ai fêté mes 38 ans là bas, des anniversaires uniques avec un gâteau au yaourt, des chants, des rires, de la viande sur la table (un poulet donné par la famille que nous parrainons) et des cierges en guise de bougies. Inoubliable. Bien entendu, on sait déjà qu’on ne sauve pas le monde, qu’on est pas là pour ça, qu’on ne le peut pas et que ce n’est pas souhaitable de le vouloir. Mais  comme souvent en Afrique, un rappel à la réalité durant la fête et le repas, une invitation supplémentaire à l’humilité avec cet enfant dé-nutri qui arrive en urgence avec 4g d’hémoglobine, au bord de la mort, cette mort qui rôde comme toujours, jamais loin…

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Particularité de la mission de cette année pour moi, ma fracture du pied droit, toujours pas consolidée m’a forcé à me poser, à ré-apprendre à marcher, à aller lentement, à m’écouter un peu plus. à m’hydrater, à faire attention à moi et à ceux qui sont autour de moi. Des heures d’inactivité physique forcée, mais qui se transforment vite en vagabondage en pensées, en réflexions, en recul et en observation riches de conséquences.

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De son côté, Elle soigne, apaise, forme les infirmières locales, toujours anxieuse de vouloir bien faire, toujours mieux, malgré le manque de médicaments, d’appareillages, d’électricité, de connaissances plus pointues en maladies infectieuses et tropicales, mais au fond contente aussi de soigner des gens qui en ont vraiment besoin, de sortir de notre « bobologie » et de nos maladies de riches (stress, dépression, obésité…).

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L’année dernière, j’avais parcouru tous les lieux où l’association soutient des projets et donc sillonné le pays alors qu’elle tenait une consultation de brousse. Mais cette année l’instabilité au Nord du pays (frontière du Mali) et l’importance de prospecter l’opportunité de mettre en place des projets de fond à Temnaoré (nouveaux bâtiments pour le centre de re-nutrition et construction d’un orphelinat à Godo) nous a rassemblé et ce voyage a été l’occasion de nous retrouver un peu tous les deux. Hors du flux du quotidien et de la connectivité permanente, et paradoxalement de nous reposer et de nous ressourcer. La vie est si simple et bien réglée, alimentation basique et frugale, levés à 6h avec le soleil, couchés à 21h maximum, des moments authentiques de partage, de re-découverte (le silence, la nuit et ses étoiles) et de travail utile, ça fait un bien fou.

Je sais que c’est dans ces moments là que je suis vivant, utile, elle aussi, et que nous sommes destinés à multiplier ces missions, à donner plus de place à cette dimension là dans nos vies, en embarquant nos enfants, nos proches et si possible en pouvant en vivre, même chichement : on y travaille…

Elle, elle va commencer à s’impliquer à la Croix Rouge de l’Aude, faire des maraudes, des formations aux premiers secours, à re-potasser l’urgence… Et moi à faire ce que je sais bien faire : monter un projet, le faire sortir de terre et lui donner tout ce j’ai…

#Staytuned #Teasing

Pour en savoir plus sur l’association et la soutenir :
http://la-calebasse-de-ouahigouya.org et Facebook

Des enfants (d’abord) comme politique

Drôle de titre encore 😉

C’est de la centralité des enfants dans ma vie, dans ma vision du monde et dans la structure de la politique que j’aimerais voir régner sur le monde, et par opposition l’absence coupable des enfants dans la philosophie, la politique, l’éthique des personnes et des organisations que je vais évoquer : c’est ça l’enjeu de ce billet.

Notre société valorise les enfants pour mieux vendre, infantilise les gens pour mieux les contrôler, le marketing les cible comme des prescripteurs d’achat vis-à-vis de leurs parents et comme une population dont le pouvoir d’achat propre est non négligeable.

En revanche, philosophiquement, politiquement et éthiquement, rien de tel, c’est plutôt le contraire : les enfants sont replacés dans leur caractère de non-adultes, donc de non-responsables, de non-citoyens et de personnes incapables au sens juridique, intellectuel et politique.

Bizarre non ?

Alors que si on y réfléchit bien, c’est au nom des enfants que nous décidons, ce sont eux les « générations futures » non ? Leur prise en compte dans la politique, vis-à-vis à minima et de manière évidente de l’environnement mais pourquoi pas plus largement, n’est donc pas à l’hauteur de l’enjeu qu’ils représentent. Pourquoi ne pas abaisser la majorité légale du droit de vote alors qu’à 18 ans ils sont déjà consommateurs et parfois ils travaillent ? Plus fondamentalement pourquoi ce sont les « vieux » qui décident pour leur avenir alors que par définition ces mêmes personnes qui les gouvernent n’assumeront pas les conséquences de leurs actes ?

Imaginez un peu une politique qui investirait sur les enfants et tout ce qui les amènerait structurellement à se développer, s’épanouir et devenir des adultes responsables et innovants. Je pense ici aux parents d’abord, à ceux qui les aide (crèches, aux nounous et aux assistances puéricultrices), à l’éducation primaire et secondaire bien entendu, mais aussi à la recherche fondamentale et appliquée, à toutes les sphères qui facilitent la vie des enfants et leur édification : les soins, la musique, le sport, la culture, l’informatique…

La philosophie fait si peu de place aux enfants, à la construction de la pensée spécifiquement enfantine (c’est une non pensée, une non raison), à la naturalité de leurs instincts altruistes, de leur bienveillance, de leur candeur et de leur proximité intrinsèque les uns avec les autres, sans que la couleur, la classe sociale ou la religion soient même évoqués.

Car dans la sphère « privée » c’est pire encore, ou c’est la même chose plutôt, mais différemment.

Qu’apprend t’on aux enfants ?

A mentir face à leur spontanéité, à refrainer leurs envies ou à les transformer en besoins de consommer ou de faire des choses inutiles (qu’on pense à ce qu’est devenu Noël)… A respecter des autorités qui les spolient ou agissent de manière complice avec la situation globale que je décrivais plus haut… A aspirer à la bienséance, à la docilité, à la performance, aux résultats scolaires et aux plus hautes responsabilités – la « rat race » (course de rats) comme disent les américains… A remettre à plus tard leurs rêves le temps de sacrifier leur temps à donner le change à une société qui les méprise ou les instrumentalise… A adorer les idoles, civiques, médiatiques, mais à détourner leur regard des SDF, de ceux qui luttent, de la violence sourde des milieux d’enfermements auxquels ont les prépare (école, bureaux… ou prison), d’oublier leurs compatriotes enfants qui meurent chaque jour dans les pays qui n’ont pas la même chance que nous, et à cause de nous qui le provoquons ou le laissons faire (quelle différence)…

Parfois je pense à ce que serait une philosophie, une économie, une politique, une éthique et un gouvernement qui placerait l’avenir, donc les enfants, au coeur de sa stratégie et de ses objectifs.

C’est vrai que j’ai une relation personnelle forte à ce qu’a été ma pensée d’enfant, pleine de rêve, d’imagination, de possibles, d’idéaux. J’ai une volonté farouche de placer mes enfants, leur liberté, la mienne au coeur de ma vie, autant que de construire patiemment mais sûrement les enfants qui en ont besoin, les orphelins et le symbole de ce qu’ils représentent au centre de mon projet de vie.

C’est aussi pour cela que j’ai du mal à débattre sur la meilleur manière de changer le monde avec des personnes qui n’ont pas d’enfants, qui n’en veulent pas, qui ont oublié quels enfants ils étaient ou encore qui ne voient pas de caractère crucial dans l’enfance et dans l’avenir des enfants. Parfois j’ai envie de leur dire : passe une demie-journée avec un nourrisson, à le faire manger le changer, t’en occuper, ou un enfant plus âge si les tous petits t’effrayent, et tu te rendras compte que tout ce qui remplit ta vie n’est pas en rapport avec « LA VIE », la seule qui soit, celle qui se déploie et aspire uniquement à vivre, rien de plus puisque rien d’autre n’est important au fond. Il suffit de regarder un enfant jouer, vivre ou s’approcher de soi pour comprendre que tout ce que nous appelons civilisation est une négation de ce qu’ils sont, donc de ce que nous étions, et de ce que nous sommes ou devons rester.

Je ne dis pas que les enfants devraient diriger le monde, qu’il n’ont rien à apprendre ou qu’ils devraient être plus écoutés que les adultes mais simplement qu’ils devraient occuper une place beaucoup plus centrale, celle qu’ils ont dans certaines familles, régions, pays ou ethnies. Parce qu’ils sont la vie en actes, la pureté de cette pulsion de curiosité, tournée vers le monde, la découverte et l’apprentissage. Parce qu’ils représentent ce que René Char disait des poètes : une salve d’avenir face à l’effondrement des preuves.

Depuis que je suis père chaque jour je pense aux miens et à ceux que j’ai adoptés comme les miens, avant je pensais à eux plus théoriquement mais ils étaient présents, dans ma vision de la politique, du partage, de la propriété et de ce qui est important, « vital » : et vous ?

L’hacktivisme et moi : suite et fin…

Fidèle à ma vision et tradition exutoires du blogging, voici un article destiné à faire le point sur le pourquoi je me suis intéressé à l’hacktivisme, le pourquoi j’ai provoqué récemment un débat assez violent dans le petit landerneau du web français et surtout le pourquoi je ne m’y intéresserais désormais plus que sous un aspect privé.

Sans refaire l’histoire, dont une partie est écrite ici, c’est bien parce que je m’intéresse à la politique (j’ai fait science po et une maîtrise de sociologie politique) et à l’engagement (un besoin personnel qui a toujours été présent chez moi) que je me suis intéressé aux phénomènes politiques portés par les technologies et les usages d’Internet, que je me suis progressivement professionnellement spécialisé dans les ONG et la communication responsable en co-fondant l’Agence LIMITE, et enfin que j’ai entrepris, avec Nicolas Danet, d’écrire un livre sur Anonymous.

Mais cet intérêt pour l’hacktivisme, je l’ai investi avec ce que je suis, de mon point de vue à moi, avec mes prismes personnels et professionnels, bien entendu, et pas en universitaire (Biella Coleman le fait très bien), ni en journaliste à sensation (pas de noms) et encore moins en spectateurs engagés ou pseudo-acteurs ayant un pied dans chaque camp (surtout pas de noms là non plus). De telle sorte que c’est bien parce qu’il renouvelle l’activisme, qu’il permet de démocratiser l’éthique hacker et les outils, et qu’il peut permettre de fédérer le plus grand nombre autour de thématiques importantes (liberté d’expression, censure, partage, neutralité, participation, action…) que l’hacktivisme m’intéresse. Et c’est là que c’est cristallisé certains points de désaccord très vite transformé en hostilité avec le sérail (autoproclamé) des hacktivistes français.

Retour sur une polémique à la manière d’un arbre qui cache une forêt.

Après un accueil enthousiasme du grand public pour notre livre « Anonymous », qui faisait écho et suite à l’accueil populaire mondial pour Anonymous en tant que phénomène politique, le microcosme hacktiviste a réagi de manière contrastée. Au niveau global des voix se sont élevées du côté de « l’élite » ou de l’underground pour critiquer les « script kiddies » et les kikoolols qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient en défendant bêtement Mégaupload ou en pratiquant le DDoS. Et en France les protagonistes de la sphère hacktiviste ont hésité entre l’indifférence, le mépris ou la collaboration discrète avec Nicolas et moi en tant qu’auteurs du premier livre francophone sur Anonymous (il reste à ce jour le seul), avec LIMITE en tant qu’acteur du rapprochement entre hacktivistes et ONG, et vis-à-vis de moi à titre personnel car je prenais la parole dans les médias sur la thématique Anonymous, Télécomix ou hacktiviste au sens large, mais aussi sur IRC et ailleurs.

L’idée générale, qui transpire dans tous les textes, débats et commentaires, que vous trouverez ci-dessous, c’est que je n’ai pas le droit de m’exprimer sur ces problématiques, que je n’y comprend rien, n’étant pas moi même un hacker / hacktiviste / hackeriste / nétocrate), et donc que je ne devrais donc pas l’ouvrir et surtout pas insister sur les points clés de ma critique à l’encontre des hacktivistes en France, mais aussi au niveau international. Rappelons donc quels sont les points clés de ma critique, ce que sont ces « maladies » de l’hacktivisme (français), et le pourquoi je l’ai appelé à « changer de posture » dans Reflets.

L’élitisme et l’arrogance des hackers d’abord, et leur mépris du grand public, qui a naturellement contaminé l’hacktivisme, parce que les hackers et leur vision du monde y sont prédominant. Cet élitisme snob a été analysé dès les débuts du réseau et de la cyberculture, Tim Jordan a écrit des choses assez définitives sur la cyberélite en lutte avec les internautes normaux, la lutte des classes et le dualisme numériques qui ignore les déconnectés et la réalité non numérique. L’hacktivisme, spécialement en France, c’est donc une technocratie (la nétocratie), et en plus c’est une oligarchie un peu bobo, mais elle se prend pour une démocratie, un mode participatif et se pare des atours de l’horizontalité alors qu’elle est pyramidale et minée par les « égo-trips » de personnes auquel le succès médiatique ou l’anonymat a donné des chevilles gonflées. Même Télécomix et Anonymous payent cette recomposition autour de figures tutélaires, ce mode « pseudonymous », mais heureusement « l’idée d’Anonymous » ou ce qu’à représenté Télécomix avant sa médiatisation ne sont pas réductibles à ce qu’ils sont devenus. Le manque de culture politique aussi, et la croyance que la formalisation et les relations avec des organisations structurées est « le mal », ça aussi il y a aurait encore des choses à en dire. Et c’est précisément pour cela que j’avais appelé de mes voeux à la formation d’une coalition des mouvements hacktivistes et des individus se sentant proches de cette mouvance, précisément afin de :

– tuer l’effet microcosme => faire taire les égos et les orgas trop puissantes : dans ce pays, rien n’est possible au niveau du numérique et de la défense des libertés sur Internet si BB, JZ et tutti quanti n’ont pas donné leur accord en tant que figures tutélaires, tout le monde attend leur feu vert pour bouger, c’est un fonctionnement oligarchique pas très sain et loin du modèle du bazar (plus en mode cathédrale)…

– lobbying et plaidoyer => créer de synergies sur ce sur quoi tout le monde est d’accord, éviter la dispersion, parler d’une voix rassemblée sur les gros dossiers, fournir un interlocuteur global aux pouvoirs publics et aux entreprises et aux ONG et aux partis politiques => comme une fédération, un syndicat interprofessionnel, une coordination ou une alliance…

– toucher le grand public => mener des campagnes d’information et de communication à destination du grand public pour changer les comportements, interpeller, faire de la propagande et faire bouger les mentalités de manière groupée et sur des messages qui font consensus , il y a 40 millions d’internautes en France et seulement quelques milliers de geeks qui font la plus et le beau temps, ça suffit !

Pour reconstituer la prise de conscience qui a abouti à mon coup de gueule, au débat et à ma décision de ne plus prendre part aux échanges sur le sujet « hacktiviste », voici une reconstitution chronologique :

– 5 mai 2011 : organisation d’un webreakfast en petit comité entre Télécomix (okhin) et des ONG françaises

– de février à novembre 2011 : recherche documentaire, entretiens, écriture et publication d’ « Anonymous. Pirates informatiques our altermondialistes numériques » (FYP Editions)

– début février 2012 : conférence débat hackers/ONG durant la Social Media Week, avec Télécomix, la FIDH, Greenpeace, la Croix Rouge, Open Street Map, largement couverte par les médias

– le 3 juin 2012 : organisation d’un atelier et d’un démo de drones par des agents Télécomix au Salon des solidarités, avec soutien média de mon fait (voir ici chez OWNI par exemple, et là chez France 24) ;

– le 28 juin 2012 : une conférence de Richard Stallman que j’ai co-organisée et qui m’a permis de comprendre, car j’ai hébergé chez moi, côtoyé et organisé des interviews pour le « grand homme du libre », le rôle que jouait des figures comme RMS dans l’idéologie élitiste des hacktivistes/hackers ;

– 17 juillet et 15 août 2012 : deux articles emblématiques de ce que je dénonce car ils concernent le traitement et le comportement médiatiques de Télécomix dans le cadre de l’#OpSyria : l’un publié dans Libération (« Un squat déterre le hack de guerre« ) et l’autre dans Rage (« Je suis un anarchiste » article auquel j’avais souhaité faire une réponse qui a été publiée récemment mais un peu tronquée et à retardement malheureusement) ;

– août 2012 : l’entretien déclencheur « piège » que m’a tendu Yovan dans Reflets « L’hacktivisme doit changer de posture » et ses nombreux commentaires très instructifs pour comprendre les tenants et aboutissants et les acteurs de ce débat ;

– la réponse de Bluetouff dans Reflets (« Les hackers, la cathédrale et le bazar« ), et l’explicitation de la véritable pensée arrogante qui se trouve derrière le sérail hacktiviste : la Netocratie, les rebonds de Yovan et de Kitetoa, et celui de Tris aussi qui est à elle seule un emblème de la schizophrénie du landerneau ;

– 8 septembre 2012 : l’émission Place de la Toile sur France Culture consacrée à notre débat (ré-écoutable), que j’ai provoquée par un message à Xavier et Thibaut et qui a très vite rempli et flatté l’égo de Yovan et Bluetouff qui se sont empressés de répondre présents !

Quelle conclusion ?

A l’opposé, Wikileaks en passant de Mendax à Assange a sauté le pas et, avec Bradley Manning, se sont véritablement et considérablement exposés, eux méritent le soutien populaire, des campagnes et tout l’intérêt médiatique possibles. Occupy également est symptomatique de cette tendance positive qui a réussi, en gommant par le consensus tout porte parole et tout égo-trip, à créer une brèche dans l’histoire des idées et des mouvements sociaux.

Toujours est-il qu’à de rares exceptions près, et qui étaient déjà programmées (un article dans une revue de Sécurité sur le fait qu’Anonymous n’est pas une menace et que la cyberguerre est un mythe + 2 interventions le 18 octobre prochain sur les relations hacktivistes/ONG à Paris Web et dans le cadre de la Fonda avec les mouvements altermondialistes), je ne m’exprimerais plus publiquement, ni ne publierais sur la thématique de l’hacktivisme, les relations avec les ONG, Anonymous, Télécomix, etc.

Mais je continuerais à m’y intéresser, à suivre de près les conséquences des points clés de ma critique des maladies qui touchent le phénomène hacktiviste, et qui ne manqueront pas de se faire sentir dans les prochains temps, et à penser qu’un autre hacktivisme est possible s’il change de posture.

Travails, familles, patries (was : Mein Arbeit Macht Meine Frei)

Je sais pas pourquoi ce sont 2 idées nauséabondes qui, en les détournant, ont fini par donner ce titre bizarre. C’est comme ça, peut-être les scores récents du Front National, la campagne Buisson(esque) défaite de Sarkozy et les manifestations quotidiennes de haine et fascisme que l’actualité nous présente. Ou le fait que j’ai souvent mes idées d’articles comme ça sans y penser vraiment et qu’ensuite il faut vite que je les écrive et que je les publie, sans toujours bien les relire. Le blogging a toujours eu pour moi cette fonction, cet intérêt. Toujours est il que je suis parti, pour mieux les ridiculiser et tenter si c’est possible de les rendre moins horribles, de l’odieuse devise qui figurait à l’entrée du camp de Buchenwald et du triptyque pétainiste qui s’était substitué au républicain « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Pour parler de quoi cette fois-ci ?

De mon rapport au travail, de la place qu’il a par rapport à ma vie personnelle et du rôle central que possède pour moi la famille, de mon besoin vital de liberté ainsi que des contraintes et des avantages de ma mobilité géographique, toussa quoi.

Par quoi commencer, par la raison pour laquelle j’écris au pluriel « travails, familles, patries ».

Au-delà de la faute d’orthographe volontaire et pseudo-stylistique, j’ai effectivement de nombreuses activités qu’on peut considérer comme « professionnelles », de manière synchrone, je suis en effet cofondateur et associé de LIMITE, une agence pure-player en communication responsable, pour laquelle j’interviens sur le volet digital de ses clients publics, privés ou non-marchands ; j’ai une activité de freelance en tant que planneur / consultant / newbizz digital pour des agences et des annonceurs qui ne sont pas en concurrence avec LIMITE, notamment au travers d’Agilteam et de ma structure FBardeau Conseil ; je poursuis également le travail engagé avec la publication du livre « Anonymous » co-écrit avec Nicolas Danet et publié chez FYP par la rédaction d’articles, l’animation ou l’organisation de conférences ou d’ateliers sur le sujet de l’hacktivisme et de la cyberculture et du digital au sens large… C’est pour ça que je dis que j’ai plusieurs « travails » 😉

Ensuite « familles ». Ca peu paraître débile là aussi, car on peut dire qu’on en a toujours qu’une seule mais moi je dis que j’en ai plusieurs, ou que ma conception de ma famille est à géométrie variable et fonctionne en mode étendu. Ca n’est pas qu’une histoire de sang en tous cas mais aussi d’affinités. J’ai pourtant des parents et des parentés, des enfants (5 en tout, 2 d’un premier mariage qui ont 6 et 4 ans et demi, 2 qui sont dans ma vie grâce à mon 2ème mariage et qui ont 13 et 12 ans, et pour finir le petit dernier d’1 an que la vie nous a donné comme un cadeau à ma femme et moi). Donc c’est une belle famille recomposée qui, selon les semaines, est composée de 3 personnes (ma femme, notre fils et moi), de 5 personnes (nous 3 et les 2 enfants de ma femme) ou 7 (elle, moi et tous nos enfants). Et concernant les enfants, j’ai envie d’en adopter d’autres, et de monter, à terme, une ONG qui fédérerait des orphelinats autour du soin (ma femme est médecin) et d’Internet/des logiciels libres. Mais je pourrais dire aussi que je compte dans ma famille des amis, des qui sont physiquement proches de moi et d’autres que je vois moins malheureusement faute de temps. Et je pourrais également tout aussi facilement dire que je considère chaque femme et chaque homme dans ce monde comme un membre de ma famille tant leurs souffrances et leurs conditions m’affectent et déterminent pour beaucoup ma vision du monde, mes engagements, les priorités que je me fixe dans mes activités professionnelles et personnelles, mes lectures, ma façon de vivre au quotidien…

Dernier point d’explication, pourquoi « patries » ? Et bien parce que mes « travails » et mes familles se vivent simultanément, mais sur des territoires éclatés. Je suis en effet ce qu’on appelle un navetteur, qui passe beaucoup de temps dans les trains car je suis organisé selon une mobilité géographique pendulaire, mais pas comme un navetteur classique. J’ai 2 domiciles un à Paris, l’autre dans le Sud de la France, et j’y passe en gros une semaine sur 2 en période d’activité normale (l’été je suis plutôt dans le Sud ;-). A Paris je m’occupe en alternance de mes 2 premiers enfants, de LIMITE et de ses clients digitaux, et de certaines de mes autres activités (missions freelance, conférences, travail de recherche pour continuer à écrire des articles et des livres sur les hackers). Dans le Sud je continue à (télé)travailler pour mes activités professionnelles, parisiennes ou non. Les 2 territoires qui font le lien entre mes 2 domiciles, c’est le train dans lequel je travaille, je lis et souvent je dors (voyages de nuit en couchettes), mais surtout Internet et le cyberespace qu’il créé et que j’arpente depuis 15 ans à tel point que je m’y sens à la fois comme chez moi mais qu’il revêt toujours pour moi un caractère d’aventures et de découvertes permanentes. Voilà pourquoi « patries » : Paris, Carcassonne, SNCF, Cybéria j’avais un jour mis sur mon descriptif Twitter en forme de joke… mais ça n’en était pas vraiment une.

Alors tout ça pour quoi ? Quelle complexité pourrait-on se dire ! Quel éparpillement et quelle fatigue ! Quelle perte de temps tous ces trajets !

Et bien pour moi, et pour l’instant pour mes proches, pour mes clients, pour mes associés et pour le monde entier : c’est comme ça, et c’est bien comme ça jusqu’à ce que cela ne le soit plus et que j’agisse pour changer cette configuration. Car ce dispositif possède aussi de remarquables avantages personnels ou professionnels, et qu’il correspond à des envies autant que des besoins très forts et très importants pour moi. Le premier est qu’il me permet de « jouer sur tous les tableaux », c’est à dire d’avoir des activités professionnelles passionnantes et multiples, stimulantes car hétérogènes, et qu’il me ménage beaucoup de temps de travail chez moi (à Paris mais surtout dans le Sud) et énormément de flexibilité pour profiter de mes enfants (à Paris, mais aussi dans le Sud quand on est 3 ou 5 ou 7), et bien entendu de ma femme (week-ends, vacances, moments « off »).

Tout ça n’est possible que parce que je ne suis pas salarié, que parce que j’ai des activités différenciées dont aucune ne me prend suffisamment de moi pour m’empêcher de vivre le reste de ce que je veux vivre. Et rien de cela ne serait possible sans le cyberespace. Internet m’a donné énormément à tous les niveaux, il m’a ouvert l’esprit, donné un travail, montré la voie et fait connaitre des choses qui ont changé ma vie, permis d’interagir et de rencontrer des gens extraordinaire, et il me permet de m’organiser différemment, sur plusieurs lieux, c’est aussi pour cela que je suis libre et que j’apporte des choses à mes clients.

Donc paradoxalement, ce qui pourrait apparaître comme un déséquilibre ou une instabilité est en fait un agencement stable. Il l’est pour mes associés, mes clients et mes partenaires/équipes, qui savent que ma réactivité et ma valeur ajoutée ne sont pas affectées par mon mode de vie mais qu’il faut s’organiser et aimer les nouvelles technologies numériques (téléphone, visio, chat, pads, mails), et il l’est pour ma famille et mes amis dont je peux profiter pleinement, là aussi pas toujours physiquement (vive les réseaux sociaux, le téléphone, le mail) et pas autant que ce que je souhaiterais.

Je travaille beaucoup et un peu tout le temps, et je déconnecte rarement même si je me soigne de mieux en mieux à ce sujet, grâce à ma femme et au soleil du Sud… mais c’est aussi pour cela que je suis libre, que je fais plein de choses passionnantes et que j’ai développé des expertises très fortes qui me permettent de bien gagner ma vie et d’en profiter un maximum auprès de ceux que j’aime et au service de mes engagements.

Il y a bien pire…

 

Internet ne devrait plus exister (sic) et mort au dualisme numérique !

Quand on est un dinosaure de l’Internet, ce qui est mon cas, on aime bien relativiser les effets de mode, les buzz words, prendre du recul et lire autant que relayer les gens qui nous ressemblent comme Cyroul ou Grégory Pouy

Quand on est un dinosaure d’Internet nommé à 24 ans à peine sorti de mes études “cyberconsultant” en chef d’une grande agence de publicité de la rue d’Amsterdam (1 pour des centaines de salariés à l’époque…), on n’a jamais surfé ou profité pas sur l’incompétence structurelle et généralisée qui a entouré les entreprises et les organisations en matière numérique depuis 15 ans. On a plutôt prêché pour la banalisation des technologies, la primauté des usages, la pérennité des stratégies au-delà des médias et de leurs innovations, fait de la pédagogie et du transfert de compétences… Je me souviens de mes présentations internes sur l’histoire d’Internet ou les photos de Timothy Leary côtoyaient des slides sur la cybernétique et des schémas sur l’équivalence entre une adresse IP et un nom de domaine, entre une page web et son code source… Et je me revois un peu plus tard, en 2000, porteur de stock-options dans une “spin-off”, persister malgré la folie ambiante à écrire dans mes recommandations : “les internautes ça n’existe plus” pour bien marquer que les personnes connectées devenaient de plus en plus représentatives de la population et qu’elles ne constituaient pas une sous-section de l’espère humaine, en tous cas pas plus que “les téléspectateurs”…

Hype Cycle

Quand on est un dinosaure numérique et qu’on voit que maintenant tout le monde parle de digital, prétend faire du digital, fait faire à ses clients des actions dispendieuses autant qu’inutiles, voire génératrices de crises ou de balles dans le pied : et bien parfois ça rend au mieux rêveur, au pire très en colère. Car c’est à croire que le “hype cycle” n’est connu de personne, que l’argent coule à flot au point que tout soit bon tant que c’est “digital”, “mobile”, “solomo” ou “atawad”, ou que ça s’affiche sur un iPad ou un iPhone… C’est à croire que les valorisations sont toujours spéculative quand elles sont numériques (pourtant les milliards de Facebook sont bien réels) et que les marques peuvent se permettre de faire n’importe quoi avec leurs publics (clients, salariés, citoyens, décideurs), qu’elles sont conscientes que c’est pas grave de prendre les gens pour des gogos ou pour des porte monnaies à clavier ou à écrans tactiles et que ne pas construire dans la durée est rattrapable. A tel point qu’en écho à mon “les internautes ça n’existe pas” des années 2000, ce nouveau millénaire me donne envie de dire que c’est Internet et le numérique qui n’existe plus ou en tous cas ne devrait plus exister.

Mort au dualisme numérique (et aux incompétents criminels) !

C’est ça que j’ai envie de crier, de décliner en note, en reco et en stratégies digitales. Non les internautes n’existent plus, pas plus que les digital mums (nouveau nom pas moins méprisant pour désigner la ménagère de moins de 50 ans) ou les silver surfers (seniors connectés), pas plus que le “virtuel n’existe pas” (ré-écouter l’excellent Place de la Toile à ce sujet) : il n’y a que des personnes qui sont connectées par d’autres moyens que les pigeons voyageurs et le télé-quelque-chose (graphe, phone, etc.) mais ces moyens n’en sont pas moins matériels, réels et bien existants (cables, ondes, routeurs, serveurs, ordianteurs, smartphones ou tablettes). Donc non, le “cloud” n’est pas plus écolo ou immatériel que le snail mail de La Poste, donc re-non les “internautes / tablonautes / mobilnautes” ne sont pas des gens différents de ceux qui se baladent dans la rue, donc re-re-non les “hacktivistes” d’Anonymous ou de Télécomix ne sont pas des extra-terrestres ou des membres d’une quelconque Al Qaeda numérique, et enfin non les “agences digitales” ou les “stratégies digitales” n’ont pas de différence de nature avec les stratégies marketing et communication “d’avant”, ou les agences conseil “offline” (sic). Parce qu’une fois que vous l’avez votre application iPhone, votre webTV, votre jeu sur Facebook ou votre compte Twitter, et bien qu’est ce qui se passe de plus si vous n’avez pas de stratégie d’ensemble ? Comment justifiez vous le coût de sa conception, de son animation et de sa rentabilisation si aucune place d’existe pour cela dans votre écosystème ? Quelle image croyiez-vous que vous donnez quand vous gérez votre page Facebook comme un débutant qui ne savait pas comment fonctionne réellement le edge rank, comme un filou en achetant des faux fans, comme un marchand de tapis qui croit qu’il va vendre des produits ou faire donner à une association rien qu’en faisant des mise à jour et encore comme un amuseur sans réel fond permettant de créer une relation ? Allez vous dire ensuite que « le digital ça ne marche pas » ou que c’est intéressant mais qu’on a « pas encore de résultats mesurables » ou qu’il « faut bien aller mais que franchement les bonnes vieilles méthodes sont plus efficaces » ?

Yoda

Un de mes “vieux” maîtres dans le métier, qui fut tour à tour mon employeur, mon client et mon associé (et qui le reste encore aujourd’hui), m’a donné ces 15 dernières années l’exemple parfait de quelqu’un de non-geek mais comprenant parfaitement Internet, d’un utilisateur très segmenté (ordinateur, mobile, uniquement du web et encore mais pas de réseaux sociaux, pas de blog, forums, IRC ou d’autres protocoles exotiques) mais ayant une intuition très forte des phénomènes numériques, des usages et des lois d’airain de l’humanité connectée. CQFD me direz-vous, et bien pas tout à fait car je n’ai compris que très récemment ce qu’il voulait vraiment me dire quand il me disait toujours au bout d’un moment face à mon enthousiasme digital : “il vaut mieux avoir un quart d’heure de retard qu’une heure d’avance”. Non pas qu’il tentait de justifier le fait qu’il est toujours en retard à ses rendez-vous (IRL je veux dire), mais bien au final qu’après le “hype cycle” il y a l’adoption progressive par le grand public des innovations, l’intégration “normale” des technologies dans les stratégies et la fin des experts auto-proclamés du digital, au profit des seuls vrais qui vaillent : ceux qui connaissent l’âme humaine, les comportements (ethno, psycho et socio) et qui peuvent traduire cela en stratégies et en actions. En fait il me disait la même chose que ce que je pensais mais je croyais qu’il me disait le contraire : les révolutions consistent à faire un 360° et à revenir au même point, mais en avançant quand même un peu, mais toujours avec des femmes, des hommes… et des outils qui les servent ou dont ils se servent !

Et si on passait au « lean management » et au « six Sigma » du digital ?

Donc stop aux stratégies digitales car sauf fracture numérique : Internet n’existe plus il est partout , les internautes non plus n’existent plus car on fait du shopping ou on regarde la TV de manière connectée et les experts digitaux ne devraient plus exister car ils doivent être des experts en marketing/communication ET en digital au lieu de sur-vendre leurs maigres et peu humbles connaissances des remous que provoquent les phénomènes de hype cycle. Place aux experts digitaux qui pensent des stratégies connectées et réalistes et qui aident les annonceurs ou leurs conseils à intégrer le digital dans des stratégies pérennes et fortes. Et à l’heure où tout le monde recrute des « community managers » et investit dans le « F-commerce« , il est temps de réserver une ligne budgétaire pour des missions d’audit, d’AMOA, de cost-killing, de qualité et d’élimination des problèmes et des gaspillages dans les stratégies, actions et prestations digitales. Car il y en aurait des gisements de nouveaux budgets et des réserves d’innovation si on voulait bien ne pas céder aux sirènes de la mode, du conformisme et de la gabegie d’investissements numériques non alignés avec la stratégie générale de l’organisation et les usages des publics qui sont visés par ces stratégies ! Avec tout cet argent, on pourrait même se concentrer sur le vrai marketing et la vraie communication, celle qui, comme chacun le sait, consiste à fournir un produit ou un service utile, performant et beau, tout ça à un juste prix, et en participant à créer de la valeur économique et sociale sans détériorer l’environnement.

Je rêve ? Tant mieux : chiche alors !

Ne me parlez pas de la fracture numérique !

Pourquoi ce titre ?
Pour plusieurs raisons et sur plusieurs plans de discussion.

D’abord je trouve qu’on ne parle pas assez de la fracture numérique. Le potentiel d’Internet est très puissant, et il génère même des bulles, mais ceux qui en sont privés, que ce soit dans les pays en développement et même en France, ça on en parle pas, peu et passez assez. C’est sur que c’est moins cool que les hackers dont on parle beaucoup dans les médias « pure players geeks », et pourtant eux les hackers ils s’intéressent beaucoup à ceux qui sont victimes de la fracture numérique, soient qu’ils rétablissent Internet quand il est coupé comme le fait Télécomix, soient qu’ils permettent la ré-appropriation des technologies dans les fablab et les hackerspaces, soient qu’ils fassent de la pédagogie et de l’éducation aux nouvelles technologies comme les libristes (APRIL et AFUL). Pourtant quelle belle série d’articles ou de reportages ce serait de s’intéresser aux populations rurales ou périurbaines coupées d’Internet, de la 3G ou ayant des débits extrêmement limités, ou encore aux « quartiers » et autres banlieues, ZUS et bidonvilles, ou encore aux SDF et aux migrants : quels usages ? quels systèmes D pour « se raccrocher » au web ou à la téléphonie ? Ce serait passionnant… et ça pourrait être utile pour le Gouvernement (aménagement du territoire numérique), et pour les entreprises (quid de services de connectivité « base of the pyramid » ?). Je sais que Vint Cerf le père de TCP-IP dit qu’Internet n’est pas un droit de l’homme mais ça n’empêche pas qu’arroser tout le monde d’Internet et former à son usage, ça pourrait changer pas mal de choses à mon avis…

Seconde raison à ce billet, je pense que même pour ceux qui utilisent Internet, pour chacun d’entre eux, pour vous lecteur de ce billet : il y a une fracture numérique individuelle et spécifique à nos usages. Parce que tout le monde ne se sert pas d’Internet ou de son téléphone mobile de la même façon, parce que nous ne pratiquons pas pas tous TOUS les usages qui sont permis par les réseaux et les appareils, il y a donc plutôt « DES » fractures numériques, et non « LA » fracture numérique. L’analphabétisme numérique et l’illectronisme (équivalent de l’illettrisme pour le numérique) ne suffisent pas à décrire les différences d’usages car nous avons chacun notre usage propre. Les ados se servent plus des messageries instantanées type MSN ou BBM, les différences d’utilisation du web et des forums par exemple pour certaines classes d’âge ou pour les sexes, les jeux en ligne son également segmentants/clivants, les l’IRC et newsgroups ou encore les listes de diffusion sont des usages spécifiques à certaine catégories d’internautes… Dans ma grande famille recomposée (5 enfants), je vois bien que l’ainée de 14 ans « textote » environ 15 ou 20 messages par jour, son frère de 13 ans cumule des sessions de WoW, LoL, Minecraft et Dofus sur son ordinateur et des parties d’Angrybirds ou de Fruit Ninja sur l’iPhone de sa mère, alors que les miens (6 et 4 ans et demi) s’adonnent pour l’instant uniquement à des jeux pour enfants qui sont disponibles pour iPhone et iPad… Ca c’est pour les aspects qualitatifs (j’utilise, j’utilise pas) mais il y a en plus des différences quantitatives (peu, beaucoup, énormément)…

Donc en termes de « stratégie digitale », c’est plus compliqué qu’il n’y parait quand on veut toucher « tout le monde » ou « le grand public », si on s’attache à parler « aux femmes » ou « aux jeunes » ou si ce sont les seniors (« silver surfers » qui sont 2,4 millions du Facebook et 520000 sur Twitter) ou les nouvelles ménagères de moins de 50 ans connectées (« digital mums ») qu’on veut convaincre. D’où l’importance des chiffres globaux (40 millions d’internautes, 20 millions de mobinautes et 1,7 millions de tablonautes, utilisateurs de Facebook) et des répartitions par ASV comme on disait en chat/sur IRC (Age, Sexe, Ville)… mais au-delà des chiffres d’où l’importance des études d’usages, de l’analyse des statistiques de consultation et d’utilisation des services (tous les possesseurs de comptes Facebook n’utilisent pas le réseau social de la même façon, certains chattent, jouent, publient, achètent, d’autres pas) et des appareils (les tablonautes sont avant tout masculins donc une application iPad aufeminin.com n’est peut être pas la meilleure idées qui soit)… C’est la même chose pour vos clients ou vos publics, ils n’ont pas tous les mêmes usages donc leur envoyer la même information, par le même canal, c’est peut être pas optimal… D’où l’importance du eCRM aussi.

Mais heureusement il existe des « fixeurs digitaux« , des personnes comme moi qui, parce qu’elles connaissent bien la topographie, la sociologie, l’histoire et la culture du réseau, aident les organisations à aborder le cyberespace en terme de territoire, de communautés, d’usages et qui vous permettent de définir la meilleure stratégie possible dans cet univers qui se superpose à la réalité et s’y interface (car non Internet ce n’est pas « un autre monde », il n’y a qu’un monde et il devient de plus en plus connecté, enfin pour ceux qui ne subissent pas la fracture numérique). Cela passe par des brainstormings, des workshops, des formations, des schémas directeurs de communication, des messages, des plan d’actions…

On en parle quand vous voulez.

Quelques liens pour aller plus loin :

Publier un livre sur Anonymous, c’est un peu LIMITE… mais pas que !

Depuis quelques jours, quelques semaines, et en fait depuis décembre 2010 où ils ont pris la défense de Wikileaks, Anonymous fait la une des médias. Et si vous avez vu, lu, entendu ou surfé sur des analyses et commentaires concernant Anonymous, il se peut que vous soyez tombé sur une mention du livre « Anonymous. Pirates informatiques ou altermondialistes numériques. Peuvent-ils changer le monde » qui est sorti chez FYP Editions en novembre 2011 et qu’on a écrit avec Nicolas Danet qui travaille aussi au sein de l’Agence LIMITE.

Quel rapport entre Anonymous et LIMITE pourrait-on se dire ? Comment ont-ils eu le temps d’écrire des livres et de parler aux médias de ces pirates informatiques qui s’en sont pris au site d’Hadopi, de l’Elysée, du Ministère de la Défense, de Vivendi, du FBI, de Sony et auparavant de l’OTAN et de bien d’autres ? Et bien c’est le but de cet article que de vous expliquer pourquoi tout cela est très cohérent pour nous de publier un tel ouvrage et de nous intéresser à Anonymous.

Il est important de dire que ce livre est la première description du phénomène Anonymous a avoir été éditée, en France mais également au niveau international, et qu’il est né d’une rencontre, d’une volonté et d’un travail communs que le projet de l’Agence LIMITE n’a fait qu’encourager et développer, et que le résultat est à l’image de ce que l’Agence sait et veut faire auprès de ces clients. C’est cette histoire que je veux raconter ici.

La rencontre d’abord. Quand j’étais intervenant professionnel au CELSA, chose que je n’ai plus le temps de faire et je le regrette profondément, je suis tombé sur un étudiant particulièrement brillant que j’ai immédiatement identifié comme « meilleur que moi » car nativement digital, intrinsèquement plus en recul avec ses pratiques numériques et particulièrement pertinent dans ces questionnements. C’est avec lui et certains autres de ses camarades que j’ai pris du plaisir à partager, à diffuser ce que je savais et à apprendre en retour comme c’est souvent le cas quand on transmets, c’est un aller-retour et c’est trop bon, ça me manque beaucoup.

Ensuite Nicolas est entré en stage à LIMITE où il a pu pratiquer le projet et les valeurs de l’Agence, et travailler plus concrètement et professionnellement avec les membres de l’équipe, et avec moi. Nous lui avons rapidement proposé de rester à l’Agence et de poursuivre son apprentissage du métier de chef de projet / planneur / trouveur de solutions (parce que c’est ça que nous faisons finalement), et de continuer dans le même temps à être lui-même car c’est ça la politique RH de LIMITE. Nos échanges ne se limitaient pas à des aspects uniquement liés aux clients et thématiques opérationnelles de nos missions : nous avons continuer à s’envoyer des informations et à débattre sur Internet, ses valeurs, son sens, son utilité, ses populations, ses plateformes, sa culture…

Et donc quand Wikileaks est arrivé eu devant de la scène mondiale, puis Anonymous pour défendre cet OVNI à mi chemin entre hacking et journalisme : nos échanges ont redoublé d’intensité quantativement et qualitativement. Nous avons cherché ce que les cables Wikileaks disait des ONG, comment cela pouvait influencer notre travail, les méthodes de plaidoyer, les techniques de mobilisation en ligne, la mission des défenseurs des droits de l’homme, l’usage politique et social des réseaux sociaux, la transformation d’un phénomène underground en mouvement social… Et on aurait pu en rester là si un ami de Nicolas n’était pas le neveu d’un éditeur qui cherchait des auteurs pour publier un ouvrage sur Anonymous. C’est à ce moment que tout a basculé…

D’emblée nous avons pensé au temps et à l’énergie qu’il faudrait pour faire le travail de recherche documentaire, décrire de manière intelligible et structurée Anonymous et faire ensuite la promotion de ce travail. Nous ne voulions bâcler aucune étape et étions donc très conscient que ça allait nous demander des efforts considérables, et que la thématique que nous investissions n’était pas neutre quand à la mission de l’Agence et nous en avons donc parlé sérieusement avec les associés de LIMITE. Le consensus (ou « palabre » dans le vocabulaire maison) n’a pas tardé à faire émerger la décision et sa justification : il fallait faire ce livre car Nicolas et moi le voulions (beaucoup), parce que c’était intéressant pour l’Agence d’investiguer ce phénomène digital et politique en plein devenir (un peu), mais il fallait déconnecter les choses et bien poser publiquement que les auteurs n’engageaient que leurs points de vues (pas ceux de LIMITE) et leur énergie (pas le temps passé facturé aux clients de l’Agence). C’est comme cela que tout a continué et que ce livre est né.

Ensuite, ce livre sur Anonymous découle aussi directement d’une volonté : celle de dire la vérité et d’être honnête autant que responsable, en revenant sur les tenants et les aboutissants d’un phénomène aussi complexe qu’Anonymous. Donc loin des clichés sur les « pirates qui terrorisent la toile » (manchette véridique d’un titre de presse écrite) et des contre vérités  d’éditorialistes en mal de publicité qui s’auto-désignent comme cible du fait de leur méconnaissance et de leur orgueil, notre ouvrage décrit comment la cyberculture et Internet sont 2 héritiers d’un subtil mélange qui a réuni aux Etats-Unis autour des hackers, ces bidouilleurs informatiques, des universitaires, des hippies, des militants de la contre culture et des militaires.

Notre travail revient aussi sur la manière dont, dès les débuts de l’informatique, l’éthique des hackers et leur vision politique du réseau des réseaux a inscrit au coeur de l’ADN d’Internet des valeurs très fortes. Cette cyberculture originelle, dont Anonymous est un des dignes représentants aujourd’hui, est basée sur des idées et des pratiques de partage, d’indépendance, de décentralisation, de liberté de l’information, de capitalisation sur des biens communs (logiciels libres, licences ouvertes), d’horizontalité, d’autogestion.

C’est cela qui nous a également permis de faire des ponts entre notre travail auprès des ONG et notre enquête sur l’hacktivisme (l’activisme des hackers). Nous avons même organisé un webreakfast qui a vu s’exprimer Okhin, de Télécomix, un autre collectif hacktiviste, différent d’Anonymous sur plusieurs aspects (anonymat, méthodes, objectifs…), face à des ONG environnementales, de défense des droits de l’homme, du domaine de la santé et du social : échanges passionnants et riches, mais entre 2 mondes qui n’étaient pas encore poreux, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec des rapprochements clairs entre les hacktivistes et des organisations comme Reporters Sans Frontières, la FIDH, Human Rights Watch…

Enfin, après la publication du livre en novembre dernier, Anonymous nous a offert une promotion que nous n’avions pas imaginé et dont nous n’aurions pas pu espérer qu’elle nous donnerait autant de soutien. OpSyria contre la censure de l’Internet par Bachar el Asad. Entre Noël et le jour de l’an 2011, Anonymous a attaqué une forme de sécurité privée, lui volant des numéros de CB qui seront utilisés pour faire des dons à des ONG. Et puis c’est le mouvement international contre SOPA et PIPA, 2 législations américaines (lien vers papier de Nicolas), un soutien aux salariés licenciés par Arcelor Mittal en Belgique, et enfin la réaction à la fermeture de Megaupload qui a propulsé ce sujet réservé aux geeks en débat public et en discussion grand public.

Tous ces événements voient Anonymous devenir une bannière internationale qui permet d’exprimer un mécontentement fort des « habitants d’Internet » partout dans le monde, une critique déterminée des dispositifs de surveillance et de censure qu’ils soient dans les pays dits dictatoriaux ou dans les démocraties, une promotion de modes alternatifs de gouvernance et de partage des biens communs (logiciels, culture, information)… bref autant de thématiques qui peuvent être portées par des ONG ou des mouvements politiques et sociaux. Depuis, nous ne sommes pas sur écoute, la DCRI ne s’intéresse pas à nous, nous n’avons pas eu de contrôle fiscal mais… Anonymous est dans la rue partout dans le monde contre ACTA et ce n’est que le début !

En tant que fins connaisseurs d’Anonymous, Nicolas et moi-même nous sommes fait rapidement connaître des médias TV, radio, presse et web, en France mais également dans les pays francophones, et nous avons ainsi pu assurer une médiatisation importante pour le livre et faire passer des messages pédagogiques auprès des journalistes et donc du grand public, au-delà des clichés, des contre vérités et des raccourcis faciles à faire concernant Anonymous. Ce savoir-faire là, médiatiser fortement une thématique complexe sans la trahir, c’est une compétence que nous mettons au service de nos clients depuis plusieurs années, et les ONG, associations et fondations savent à quel point c’est utile pour leur plaidoyer, leur communication et leur collecte de fonds.

C’est pour toutes ces raisons, et encore bien d’autres que vous pourrez découvrir en lisant le livre (vos réactions pour celles et ceux qui l’ont lu sont les bienvenues dans les commentaires) ou en travaillant avec LIMITE si ce n’est pas encore le cas (eh eh), que nous persistons et nous signons : oui, c’est vrai, publier un livre sur Anonymous, c’est vraiment un peu beaucoup LIMITE. CQFD 😉

La question qui se pose maintenant c’est plutôt dans quelle mesure il est possible de continuer à être « observateur » quand on a envie d’agir, et aussi comment prioriser tout ce que ce livre a généré et déclenché chez moi, et LIMITE qui demande toujours plus de temps. Ca l’histoire le dit pas, pas encore en tous cas.

Disclaimer : ce post était prévu pour être publié sur le blog de LIMITE.

Retour aux sources !

Enfin ! C’est pas trop tôt !

Chassez le naturel et il revient au galop, ça aura pris quelques années avant que je ne me remette à bloguer à titre personnel. Faute de temps, mais aussi pour ne pas trop appuyer sur les schizophrénies entre motivations personnelles et nécessités professionnelles, j’avais arrêté mon blog Trilogicom qui mêlait les deux, un peu trop parfois.

Mais là c’est plus possible, ça me manque trop, à force d’essayer de remettre du « moi » dans mes articles pour le blog de l’Agence, et de ne pas trouver assez d’espace pour publier et dire ce que je pense (Facebook est trop… Facebook, et Twitter est trop laconique et j’y ai pas tous mes « amis »), il fallait bien que ça revienne…

Donc ici, très vite, des réflexions sur les livres que je lis, les choses que je vis, mes pensées du soi, mes coups de gueule et de coeur, de la distance par rapport à mon travail et très certainement aussi des articles sur toutes les choses qui m’arrivent dans ma petite vie de voyageur entrepreneur papa mari consommateur et citoyen.

Pourquoi « Chroniques d’un idéaliste » ?

Parce que je pense que c’est le plus grand commun dénominateur de ma vie à tous les niveaux, à la fois personnellement et professionnellement, et ça n’est pas sans difficultés. Ca l’a été depuis toujours, lycéen, étudiant, salarié… C’est vrai sentimentalement, socialement, politiquement… Et dans mes aventures récentes, la création et le développement de LIMITE, la publication du livre sur « Anonymous », les récentes péripéties médicales de mon petit dernier : tout cela je me rend bien compte que je le vis au prisme de mon idéalisme… Que c’est ça le problème, mais peut être aussi la solution !

Donc à très bientôt ici !